25 oct. 2011

La démocratie électronique en question (1) : mise en perspective historique


Ces dernières années, le concept de démocratie électronique a fait couler beaucoup d’encre, et pianoter de nombreux claviers. La recherche en sciences sociales s’y est intéressée de près, et sous de multiples angles. Nous nous proposons ici, dans une série de courts articles, de présenter quelques productions académiques et ouvrages scientifiques qui ont contribué à approfondir les connaissances sur le sujet. Aujourd’hui, un chapitre du livre « Le désenchantement démocratique », paru en 2003. Ecrit par Thierry Vedel, professeur à Sciences Po, il vise à replacer le concept dans un contexte historique.

Première idée reçue écartée par l’auteur : la démocratie électronique n’est pas née avec internet. Elle aurait plus vraisemblablement connue trois âges : le premier, celui de la cybernétique (science qui étudie la circulation de l’information au sein de « systèmes », techniques, organiques, ou sociaux), souhaite produire dès les années 1950 des « machines à gouverner » qui pourraient servir d’aide à la décision ; le second correspond à la « télédémocratie », qui dans les années 1970 entend utiliser les progrès de la télévision et de la vidéo pour faire participer les citoyens à l’échelle locale ; le troisième est de celui de la cyberdémocratie, qui naît de la diffusion d’internet dans les pays développés à partir des années 1990.

Selon Vedel, si ces trois âges présentent des caractéristiques propres, il n’en demeure pas moins que l’on peut identifier trois différents axes par lesquels le sujet est traité : une transparence de l’information accrue, qui responsabiliserait les pouvoirs publics et valoriserait un citoyen éclairé ; une revitalisation de l’espace public, par la création de nouvelles modalités d’échange et la formation de communautés en ligne ; un renouvellement de la communication politique, où les citoyens ne seraient pas uniquement consommateurs, mais producteurs d’informations à destination des pouvoirs publics.

Mais chacun de ces éléments à son pendant négatif, et de nombreuses questions restent en suspens (notamment les inégalités d’accès, les compétences des citoyens, l’ « overdose » d’informations, ou encore la transposition de mécanismes de domination). Comme le note Vedel, « multiplier les sources d’information n’accroît pas les capacités cognitives des individus. Fluidifier la circulation de l’information ne crée pas la transparence tant que l’opacité reste une ressource stratégique. Discuter entre citoyens du monde n’est qu’un agréable échange si l’on ne sait pas construire une décision collective. » 

Aussi intéressant que soit le chapitre de Vedel, de nombreux points n’y sont pas abordés, notamment l’usage d’internet dans les mobilisations sociales et politiques, le rôle de l’architecture technique du réseau dans les formes de participation qu’il engendre, les représentations sociales qui lui sont attachées, etc… autant de points sur lesquels nous reviendrons dans de prochains articles.

Référence : Thierry Vedel, « L’idée de démocratie électronique. Origines, visions, questions », in Pascal Perrineau (dir.), Le désenchantement démocratique, Editions de l’Aube, 2003.

Mégaphone démocratique de rue


Mégaphone (démocratique) de rue

Le mégaphone, outil typique de la manifestation de rue, peut aussi être détourné vers d'autres usages démocratiques...

La vidéo ci-dessous présente un usage artistique du mégaphone, laissé dans la rue à l'usage de chacun pour "dire un mot gentil" aux passants.

Nous aimons le caractère positif de ce happening de rue qui pousse à la rencontre, au sourire, à la bonne humeur et donc pousse à "faire société" dans l'espace public.
La démarche s'inscrit dans la mouvance du flash mob ou encore des free hugs et autres manifestations culturelles, artistiques, publicitaires ou militantes s'emparant de l'espace public de manière originale.
Historiquement, on peut aussi faire un rapprochement avec le crieur public qui déclame ses messages en criant dans la rue ou sur une place publique.  


Et la démocratie dans tout ça ?

Dans un esprit de "street democracy" (démocratie dans l'espace public), il pourrait être tout à fait intéressant de revisiter ce concept avec une autre "consigne" que de dire un mot gentil aux passants. La consigne pourrait par exemple demander un avis sur un sujet en particulier, sur une politique publique, sur l'aménagement d'un quartier, sur le nom d'une rue à changer, etc.

Côté numérique, les phrases dites sur ce mégaphone pourraient être enregistrées et publiées sur un blog, discutées, retravaillées...
A l'inverse, on peut aussi imaginer une diffusion dans la rue d'un texte ou d'un message venant d'internet. Dans une sorte de concours, la meilleure proposition citoyenne gagnerait le droit d'être déclamée en public !


Mégaphone

Street-Democracy - Bilan du premier Workshop et concepts participatifs.


Mardi 7 juin 2011 s’est tenu un premier workshop « street-democracy » à la FING. L’atelier avait pour but de conceptualiser des formes de « démocratie au quotidien » à travers deux personnages fictifs, des « personas » dont les profils correspondent typiquement à des publics peu-participants.
L’objectif du workshop était d’explorer les possibles d’une participation au quotidien en suivant la journée type de ces deux personas.
Workshop Street-Democracy #1

L’emploi du temps de Zora, une adolescente et de Max, un sénior, ont permis de générer des opportunités et d’identifier des moments clés pour la street-democracy (implication dans des débats, postures de citoyenneté active...).


TABLE N°1Max, 65 ans, sénior connecté et prof à la faculté de médecine de Lille, se retrouve pris aujourd’hui en pleine tempête…

Workshop Street-Democracy #1

Un matin d’hiver en décembre, une forte tempête de neige empêche Max de donner cours dans son université, il est donc immobilisé chez lui, par conséquent, les cours sont annulés.
L’équipe a développé un ensemble de services qui pourraient être mis en place pour gérer au mieux cette tempête de neige, une rencontre des services publics et des services participatifs favorisant la citoyenneté active : 

- Max va pouvoir donner cours par vidéo à ses élèves connectés dont l’un d’eux, se chargerait d’informer les autres élèves de l’absence de leur professeur (par mail ou SMS)...

- Quand vient le temps des courses et du réapprovisionnement, un état des lieux d’ouverture et dispos des supermarchés, pharmacies... est fait par les habitants et l’info relayée sur les sites et services de la Mairie, avec des services-relais participatifs mis en place ou promus pour l’occasion, type petits plats entre voisins (super-marmite). 

- De même que l’état des routes, les situations dans la ville remontées via twitter et autres services d’infos participatives, sur les écrans d’affichage de la ville et les cartes du site internet.

- Le fils de Max a laissé ses enfants à la crèche, mais ni le père, ni le grand-père de ces enfants ne vont pouvoir  aller les chercher. Les réseaux de solidarité des lieux sont exacerbés en temps de crise, l’occasion de les mettre en synergie, un autre parent qui a un 4x4 prendra en charge le retour des enfants en s’aidant des infos temporaires sur le GPS qui indiquent les parties de voiries accessibles temporairement avec le parcours temps réel du chasse neige.

- La mise en place d’une monnaie solidaire est l’occasion pour favoriser cette entraide.


TABLE N°2Zora, 16 ans,  est en seconde à Nantes. Suivons-là tout au long de cette journée de vacances et repérons ensemble les « espaces/temps » dont nous pourrions profiter pour pousser notre ado à participer ! 
Workshop Street-Democracy #1

Tel était le point de départ du workshop Street-Democracy sur la table n°2. Durant 2 heures, nous avons donc exploré le quotidien de Zora, nous l’avons suivie à la piscine avec ses amies, dans le tram, dans la rue, au Mc-Do et au ciné…
Des plus extravagantes aux plus sérieuses, voici quelques pistes pour éveiller des pratiques et des désirs participatifs dans le quotidien de notre jeune, d’habitude si difficile à « capter » :

- Concertation murale : En allant à la piscine, Zora trouve devant elle un « mur participatif » sur lequel des jeunes sont en train de recueillir un maximum de signatures pour réclamer des horaires d’ouverture plus larges pour les piscines de la ville. On lui propose de signer directement sur le mur (à la bombe ou au marker) puis de prendre en photo sa signature avec un smartphone, de publier sa photo sur un mur virtuel dédié, sur facebook. Ce mur virtuel recueille les signatures présentes sur tous les murs réels (investis devant chaque piscine Nantaise).
Cette participation de rue, entre street-art et activisme numérique, permet d’éveiller la curiosité de nouveaux publics et de garder le lien avec ces participants, à travers les réseaux sociaux.

- Info-transport : Et si les transports en commun étaient des lieux privilégiés d’information sur les concertations publiques à venir ? L’idée semble classique mais elle est encore trop peu aperçue dans nos bus, trams et autres métros… Par le biais d’écrans, d’affiches ou grâce à des moyens plus décalés à inventer, il est certain que les transports peuvent devenir un espace d’informations démocraTIC !

- QR-code pochoir/sticker : L’utilisation du QR-code est souvent revenue lors du workshop. Ce système est appréhendé comme un lien fort entre l’espace public et les espaces numériques. Ainsi, Zora le retrouve à plusieurs étapes de son parcours. Une rue change de nom ? Un QR code est placé sous les panneaux de cette rue avec un texte invitant à participer au sondage permettant de choisir le nouveau nom de la rue.
Dans un esprit moins officiel, ces QR codes peuvent investir la rue pour le compte d’associations, de réseaux ou de communautés, sous forme de stickers ou de pochoirs (graph) partout sur les murs, trottoirs, mobiliers ou véhicules dans la ville. C’est par exemple de cette manière que Zora apprendra l’existence d’un prochain flashmob dans son centre commercial…



- Amende ou action citoyenne ? : L’idée a été évoquée, puis abandonnée… mais peut-être qu’à y regarder de plus près, il y a des pistes intéressantes à suivre. La méthode est plutôt directe, nous vous laissons juger : Zora n’a pas composté de ticket dans le tram et se fait pincer par des contrôleurs. Ces derniers lui laissent le choix : Soit elle doit payer une amende, soit elle doit participer à une action citoyenne prévue toute l’après-midi du lendemain !
Plutôt qu’un choix aussi abrupt et confondant punition et action citoyenne, ne peut-on pas imaginer un système de points ou de « malus » à « racheter » en participant à des actes citoyens ( ?).

- FlashMob citoyen : Le « flash mob », en français « mobilisation éclair », correspond au rassemblement éphémère d’une foule dans un lieu public afin d’effectuer des actions convenues d’avance (chorégraphie, chant, bataille d’oreillers…). Le plus souvent, ces rassemblements sont organisés grâce aux réseaux sociaux, sans autre objectif que d’effectuer une performance publique par surprise. L’idée ici est d’organiser un flash mob citoyen, mobilisant autour d’une cause, d’une question locale ou de société. Le fil de la participation pourrait être gardé en distribuant des flyers et en invitant les participants/spectateurs à continuer l’événement sur internet (diffusion des vidéos du flash mob sur youtube, commentaires sous ces vidéos, liens avec les réseaux sociaux, etc). Ainsi, Zora a été prévenue d’un imminent flash mob dans un centre commercial voisin (grâce à des QR codes cachés dans la ville). On lui distribue un flyer à la fin de l’évènement. Celui-ci l’invite à publier ses photos, vidéos et commentaires sur l’événement. Motivation supplémentaire : Si son commentaire est pertinent et apprécié des autres internautes (vote en ligne), elle sera invitée en VIP à un prochain événement, à une visite de l’hôtel de ville et à un entretien avec le maire.   

- Patchwork mural : Notre Zora se retrouve au Mc Do. Alors qu’elle commande son sandwich sur une borne interactive, cette dernière lui propose de la prendre en photo et de projeter cette photo sur un patchwork mural dédié, donnant sur la rue. De la même manière, on peut envoyer sa photo, sa vidéo et/ou son commentaire par sms/mms, grâce à twitter, facebook ou d’autres réseaux sociaux. Le patchwork ainsi créé reprend les photos, vidéos et expressions citoyennes et les donne à voir dans la rue.

- Parrainage démocratique : Le concept a été évoqué lors du workshop : Pourquoi ne pas inventer un système de parrainage pour créer des liens intergénérationnels et pousser les participants à faire participer aussi leur entourage ? Autrement-dit, il s’agit de s’inspirer de la viralité et de l’effet de buzz sur internet …mais appliqué au quotidien d’un citoyen. Concept à explorer, donc.

- Sondage piéton : Zora est sur le trottoir et doit traverser la rue. Au passage piéton, le bouton poussoir dédié à faire passer le feu piéton au vert …est d’un genre particulier : Il y a en fait deux boutons (un POUR et un CONTRE) surmontés d’une question : « êtes-vous pour ou contre la construction d’une nouvelle gare à Nantes ? ». Là aussi, un QR code invite à avoir plus d’informations en ligne… L’idée peut faire sourire mais il y a surement un concept à creuser derrière : Celui du référendum quotidien. Le principe n’est pas de recueillir les avis qui seraient évidemment non-représentatifs, mais plutôt de poser des questions ouvertes, dans la rue, et de pousser au débat public/d’idées. De la même manière, dans nos commerces, nos services publics, etc… une collectivité pourrait mettre en place un système relayant la « question du jour » et invitant à voter POUR ou CONTRE …et surtout à aller plus loin et s’engager dans un débat citoyen.

- Ciné participatif : La journée de Zora touche à sa fin …et le workshop lui aussi était en phase de conclusion. Ce temps du cinéma n’a donc malheureusement pas été exploré jusqu’au bout par les participants mais il peut être intéressant de l’évoquer, car là aussi, nous sommes en face d’un espace/temps propice à inclure des citoyens d’habitude peu participants. Le temps des bandes-annonces ou des publicités peut notamment être investi de manière originale (lien avec le patchwork mural, publicité d’événements participatifs, etc).


Chacune de ces pistes est comme une porte ouverte sur des territoires à explorer. Nous choisirons d’en développer certaines d’ici les prochains mois.
A la rentrée, rendez-vous est donné pour développer dans le détail un scénario et un concept, lors d’un second workshop de « street-democracy ». D’ici là, vos commentaires, idées et propositions sont les bienvenus pour développer chacune des pistes. 



***
Retrouvez aussi le pdf d'ouverture du workshop :


Sur youtube, court compte-rendu de chaque table :
Table #1


Table #2

 

Vers une démocratie plus participative


pictogramme democratie participative

Voilà plusieurs mois que je me passionne pour ce qu’on appelle la « démocratie participative », et notamment les innovations démocratiques liées au numérique. En tant que designer, je conçois des dispositifs participatifs, avec des associations et collectivités. Pour des citoyens.
Je suis étonné de voir à quel point ces associations et collectivités peinent à mobiliser et faire participer un public large, hétéroclite, le plus représentatif possible des diversités d’opinions de la population.

Causes de la non-participation


D’après moi, plusieurs facteurs expliquent cette situation. Issue de lectures, discussions, intuitions et observations sur le terrain, la liste n’est évidemment pas exhaustive …et le contenu surement discutable (je répondrai avec plaisir et intérêt à vos questions et commentaires). A mon avis, voici donc les 10 principaux blocages à une démocratie opérationnellement et quotidiennement participative :
 
 

(1)

La « non-confiance » des citoyens dans la prise en compte effective de leur participationet de 
leurs avis. Méfiants de nature, nous avons d’emblée la peur - au « mieux » de perdre inutilement du temps dans une opération de pure séduction politique – et au pire d’être manipulés et instrumentalisés bien malgré nous pour valider ou appuyer une décision déjà prise en haut lieu.
Malheureusement ces craintes sont trop souvent fondées : Malgré le dynamisme et la bonne foi de beaucoup, certaines opérations dites participatives sont en fait cosmétiques et sans enjeux ni moyens réels, voir purement et simplement réalisées pour justifier une politique publique.
  

(2)

La complexité du monde qui nous entoure. Les problèmes auxquels on nous expose sont rarement simples et trop souvent expliqués de manière confuse ou incomplète. Difficile d’avoir un dispositif participatif qui permette de comprendre rapidement l’étendue des enjeux d’une question. Comment ne pas être trop technique, précis et donc repoussant ? A l’inverse, comment ne pas être trop bref et simpliste ? – Souvent, le citoyen n’a pas d’avis préalable sur une question et ne se sent pas les épaules ou la légitimité pour prétendre comprendre et donner un avis personnel et construit.
Il nous revient donc d’accompagner ces citoyens dans leur compréhension du contexte, dans leur construction d’un avis personnel puis dans le partage de cet avis à travers un débat contradictoire avec d’autres citoyens.

(3)

La désillusion et la dépression. Il faut lutter au quotidien contre un défaitisme sclérosantqui pousse beaucoup de citoyens à jeter l’éponge et critiquer plutôt que d’oser la participation et la co-construction des politiques publiques. Là encore, c’est un effort à faire, tant dans la transparence que dans la pédagogie. Montrer les répercussions réelles d’une participation, rassurer les citoyens, prendre des engagements… autant de pistes à exploiter pour casser le faux argument du « tous pourris » !

(4)

Un manque de temps. Dans une société de l’instantané ou tout s’accélère, passer du temps à co-élaborer une politique publique est rarement dans les priorités du citoyen. Il est normal que beaucoup ne veuillent pas prendre sur leurs temps familiaux ou de loisirs pour s’engager dans une action participative ou militante. Peu de dispositifs offrent des formats qui permettent de prendre le temps de la réflexion puis de la participation.

(5)

Le problème de la rétribution de la participation. Pour donner de la valeur à un acte, il faut le rétribuer. Il ne s’agit pas forcément d’une rétribution financière, mais plutôt sociale, avec une mise en avant des contributeurs, la remise de prix, de points, de distinctions, d’honneurs, et de tout autre type de reconnaissance de l’engagement d’un individu pour le collectif.
C’est sur ce modèle que s’est construit le succès de facebook : On participe car on sait que nos amis (notre communauté) vont consulter notre contribution. Plus nous serons consultés et « aimés » (bouton « J’aime » de facebook), plus nous gagnons en reconnaissance sociale. Voilà notre rétribution.

(6)

Un manque d’éducation, de connaissance ou de savoir-faire. La non-maitrise des outils techniques ou cognitifs - tant chez les citoyens que chez les élus et les agents administratifs - freine beaucoup la participation. Qu’il s’agisse des usages du numérique, d’internet et des outils participatifs ou bien de la connaissance des institutions et de leur rôle, de la qualité de l’expression orale ou écrite, de la capacité de débattre en public et de soutenir une idée. …nombreux sont les apprentissages à mettre en place en continu auprès des populationssi l’on ne souhaite pas voir se creuser une fracture des usages démocratiques et une exclusion sociale des plus démunis face à ces nouvelles pratiques.

(7)

Un manque de communication. Bien communiquer, c’est s’adresser aux bonnes personnes au bon endroit et avec les bons moyens (supports, arguments, etc).
Pour faire acheter leurs produits et services, les entreprises rivalisent d’ingéniosité dans descampagnes de communication et de publicité toujours plus ambitieuses, créatives et surprenantes. L’idée est de faire connaitre l’objet (au sens large) à promouvoir et de donner envie aux personnes ciblées d’y adhérer. De tels moyens sont rarement mis en place pour inviter des citoyens à contribuer à un dispositif participatif. Il y aurait pourtant beaucoup à inventer sur le sujet !

(8)

Des problèmes d’équipement. La question est ici matérielle et notamment numérique : Connexion haut-débit, matériel informatique, smart-phones & tablettes, espaces publics numériques, lieux de formation et d’information, outillage technique de la participation, sites et plateformes, etc.
Pour garantir une participation efficace, il faut s’en donner les moyens technologiques, s’équiper et se former !  

(9)

Un manque criant de volonté politique ! Ce point rejoint partiellement le premier (qui traitait de la confiance du citoyen) mais il me parait important d’insister fortement sur l’importance de ce facteur comme condition indispensable de la réussite de tous les autres enjeux soulevés. Sans prise de conscience, volonté active et soutien des décideurs, pas de démocratie participative… Les résistances au changement sont multiples (peurs, perte de pouvoir, non-maitrise, transparence…) mais avec une pédagogie par l’exemple, je suis certain que nous pouvons compter sur la bonne intelligence de nos représentants pour comprendreque faire participer les citoyens à la gouvernance est un des meilleurs moyens d’être efficace, d’obtenir des résultats positifs et donc, de se faire réélire !

(10)

Une non compréhension de l’importance du design des dispositifs et des processus. Nous l’avons vu, mettre en place un projet participatif réussi, c’est une démarche complexe et semée d’embuches ! Tout projet participatif nécessite donc d’être conçu de manière intelligente, en prenant en compte le contexte, en représentant les acteurs pour mieux correspondre à leurs besoins et mieux les surprendre dans leur quotidien, en faisant appel à la créativité pour innover dans les réponses, en s’assurant d’une parfaite ergonomie des outils proposés, en testant, en prototypant, en centrant la démarche sur le citoyen… Ce sont justement les outils et la démarche du design, et plus particulièrement du design de services (publics).

Evidemment, l’exercice est critique …et nous pourrions être tentés par le découragement à la lecture de ces freins & blocages. Ne nous y trompons pas l’objectif de cette réflexion est de repérer les problèmes dans une vision constructive. La question, ensuite, est de savoir comment retourner ces difficultés en opportunités pour, petit à petit, changer de système et glisser vers unedémocratie plus participative.

Pourquoi changer de modèle ? Pourquoi une démocratie participative ?


Malgré sa richesse et son développement, la société occidentale en général (et la société Française en particulier) est déprimée, manque d’optimisme et souffre de nombreux maux sans pour autant se mettre efficacement en mouvement pour relever les nouveaux défis auxquels elle est confrontée. Ce constat est selon moi révélateur de l’échec de notre modèle politique purement représentatif. Il s’agit bien d’un problème de gouvernance : La mécanique actuelle est défaillante et ne permet plus aux citoyens de vivre heureux, sereins et en confiance.
Ainsi, l’abstention chronique aux quelques rendez-vous démocratiques du système représentatif n’est-elle pas révélatrice de son échec ? J’en suis convaincu ; il est possible de mettre une grande majorité de citoyens Européens en capacité de comprendre et d’agir concrètement dans les processus de décision locaux, régionaux, nationaux et internationaux. Il est temps de remettre en question ce système de gouvernance au regard du contexte mondialisé, des révolutions technologiques, sociales et environnementales que nous vivons.
Beaucoup de choses sont possibles et restent à inventer. Les actions et les convictions que je porte, à travers le programme innovations démocraTIC de la FING et au travers de mon engagement dans l’association parTICipation citoyenne, s’inscrivent dans ces objectifs :
  • - Explorer et tester de nouvelles formes de participation citoyenne,
  • - Concevoir et expérimenter de nouveaux dispositifs participatifs, à travers de nouveaux outils et de nouvelles pratiques,
  • - Faire avancer les idées et l’état de la réflexion autour de la démocratie participative numérique,
  • - Promouvoir la bonne conception des dispositifs, plateformes et outils participatifs …notamment grâce au design de services et aux sciences sociales.

factual


Avec factual, vous pourrez soit explorer et utiliser une grande quantité de données publiques collectées en continu par la plateforme, soit entrer et modeler vos propres jeux de données.
L'outil permet de créer/récupérer puis utiliser des tables de données (géographiques ou avec d'autres attribus) grace à une interface simple et ergonomique.

Plus de détails en vidéo (En) : 

Socrata




Leader dans les services Open Data pour les collectivités aux Etats-Unis, Socrata est une plateforme permettant de collecter, de traiter et de visualiser très simplement de grandes quantités ou flux de données.

C'est notamment cette solution qu'ont choisi le gouvernement Américain (data.gov), l'état de Washington ou encore la ville de Chicago.  



Mots clés:  open datavisualisationdonnées


Cityzi est une solution de services mobilesurbains.

Le principe est de pouvoir faire un grand nombre d'actions grâce à son téléphone portable, simplement en le passant à quelques centimètres d'une zone dédiée. Pour le moment, voici les usages possibles :
  • - Recevoir des informations spécifiques (chez soi ou dans un espace public),
  • Payer des produits ou services (dans un commerce, sur une borne dans la rue, etc.), 
  • Valider un titre de transport.
  • - Cumuler des points de fidélité.
On voit vite l'intérêt de tels équipements pour "simplifier la vi(ll)e" d'un usager de transports en commun et d'un consommateur dans sa boulangerie ou son supermarché. Mais pour aller plus loin et croiser cette technologie à des problématiques de démocratie participative, on peut tout à fait imaginer utiliser cityzi dans différents contextes citoyens : 
  • - Recevoir de l'information in situ, sur un aménagement urbain, une concertation locale,
  • Voter dans la ville pour une proposition ou un "micro-référendum" local,
  • - Donner un avis plus détaillé (texto, e-mail, tweet) après avoir accédé à une information grâce à cityzi,
  • - Cumuler des points "citoyens" (pour récompenser un comportement, dans le cadre de jeux grandeur nature dans la ville, de ballades urbaines...)
  • - Et surement plein d'autres usages à inventer !

cityzi_accueil

Comment cela fonctionne-t-il ? Quelle différence avec le QR code ou le RFID ?

D'après les informations apportées par l'entreprise, "Les mobiles cityzi s’appuient sur une nouvelle génération de téléphones mobiles, capables d’interagir avec leur environnement grâce la technologie NFC (Near Field Communication).

Cette technologie permet l’échange de données à une distance maximum de 4 cm. Il suffit d’approcher le téléphone mobile d’un lecteur spécifique pour déclencher une action :
  • validation d’un titre de transport, 
  • paiement d’un achat, 
  • accès à une page d’information…

Cette très courte portée caractérise les applications NFC : à la différence de certains systèmes RFID à moyenne portée (logistique), elles ne fonctionnent que sur une action volontaire et intuitive du porteur qui approche son mobile NFC du lecteur.

L’action s'effectue sans utiliser le réseau de l'opérateur de téléphonie mobile."


- Les points positifs :

Les actions peuvent se faire de manière automatique (contrairement à un QR code qu'il faut "viser" avec l'appareil photo de son téléphone en ayant ouvert une application spécifique auparavant) et surtout de manière très sécurisée (technologie développée pour le paiement), sans connexion internet requise (alors qu'un QR code pointe en général vers une adresse web qui nécessite une connexion pour y accéder).

- Les points négatifs :

Il faut que l'usager soit équipé d'un téléphone compatible NFC. Cette technologie spécifique et propriétaire n'est présente que sur très peu de téléphones aujourd'hui en Europe. Même si on nous assure que les nouvelles générations de mobiles devraient s'y mettre, rien ne garantit un taux d'équipement rapide et massif.
Sections:  Idées

2 mars 2011