Ceci n'est pas un appel à la révolution.
Voici les armes qu'il faut prendre, à mon avis, pour améliorer la situation :
- Plus de participation du citoyen dans la démocratie au quotidien.
Nous le voyons, la politique est complexe, bien souvent incompréhensible de la part du plus grand nombre et pourtant, nous, citoyens, ne nous satisfaisons plus d'une démocratie uniquement représentative dans laquelle nous serions uniquement censé passer dans les bureaux de votes sporadiquement pour délivrer une confiance que de toute manière nous n'avons plus.
Nous réclamons donc d'autres outils pour pouvoir suivre la politique et s'engager auprès de (plutôt que contre) nos représentants, élus par nos soins et donc choisis par nous. Quels sont ces outils, ces dispositifs dont devrait s'armer notre République Française (ainsi que notre Union Européenne) ?
Le premier chantier concerne la pédagogie, l'explication, la transparence. Nous voulons comprendre les complexités du système, sans pour autant devoir se plonger dans des études approfondies de sciences politiques. Pour comprendre, il faut nous expliquer. Pour nous expliquer, il faut prendre des moyens différents. A l'instantanéité de la télévision ou de la radio, il faut rajouter d'autres moyens d'expliquer un problème complexe. Que ce soit sur internet ou par le biais de publications papier, dotons les décideurs et les "proposants" (de l'opposition, de la société civile, etc...) d'outils pédagogiques qui s'inscrivent dans la durée, dans la visualisation de la complexité et des solutions possibles et/ou choisies ainsi que dans la participation, la délibération et le débat.
Au risque de me répéter ou même de m'y perdre, il me semble tout de même important de détailler :
- Dans la "durée" signifie "hors de l'arène médiatique", "dans les coulisses mais pas sur la scène du théâtre politique". Autrement dit, documentons et préparons ce qu'il se passera sous le feu des projecteurs en constituant des dossiers ouverts, participatifs et en perpétuelle mise à jour sur toutes les problématiques politiques sans distinction d'actualité.
Dans la "durée" veut aussi dire que ces dossiers prennent le temps de se construire, avec l'intervention des acteurs intéressés, politiques, engagés ou simples citoyens. Il serait d'ailleurs bon d'avoir des animateurs de ces débats et de ces co-constructions continus, afin d'ordonner les discussions et les propositions, dans un perpétuel souci de lisibilité par le plus grand nombre. Nous gagnerons ainsi en sérénité lorsqu'il s'agira de parler du sujet dans les médias. Plus d'effet d'annonce possible. Le citoyen sera déjà au courant des voies possibles, de la complexité de la question et aura déjà pu donner son avis sur le sujet. Le politique, quant à lui, n'aura pas de surprises non-plus car il aura participé depuis le début (avant même son arrivée au pouvoir) à une co-construction lente et progressive du dossier.
- Dans la "visualisation" indique que ces dossiers politiques peuvent et doivent être montrés, être représentés visuellement, à l'aide d'une documentation la plus hétéroclite possible : Schémas des acteurs concernés, Articles de fond qui décryptent la complexité, Vidéos des propositions politiques, Photographies témoignant de la réalité du terrain, Analyse par des experts (enregistrements audio, vidéo, texte...), Schématisation des propositions et des avis, Explication point par point des fondamentaux nécessaires à la compréhension des systèmes de fonctionnement, Représentation graphique du contexte, Etudes chiffrées, Analyses statistiques illustrées de graphiques, etc...
Pourquoi tant d'images ? Parce-que le visuel, lorsqu'il est bien utilisé, rend beaucoup plus accessible une information, il est plus facile, plus simple, parfois presque ludique de se plonger dans un schéma plutôt que dans une analyse de texte. De la même manière, il est plus simple de réagir par le biais de commentaires localisés (je pose une question sur tel point du schéma - et je peux pointer la question directement sur le schéma).
- Enfin, dans "participation, délibération et débat", je souligne le fait qu'il est primordial de multiplier les possibilités pour le citoyen de poser des questions, de participer, de donner des idées et surtout, d'être écouté et entendu. Cela implique tout un système de prise en compte des avis citoyens, qu'il s'agisse de participation de masse, de débat public ou de délibérations en petits groupes de travail, notamment à travers des solutions de réponse et de traçabilité des avis citoyens. Il s'agit de mettre en place des dispositifs pour rendre compte de la prise en considération de la participation des citoyens. En quoi leur avis a-t-il inspiré, changé, modelé ou motivé la prise de décision du responsable politique ?
Il est primordial de donner à voir le processus de décision, depuis la co-construction des dossiers politiques jusqu'à la prise de décision et la mise en place d'un dispositif (loi, réforme, projet politique, etc...). Ce n'est qu'à cette condition que la participation sera importante (quantitativement parlant), constructive, représentative, tournée vers la recherche de solutions concrètes et proches des citoyens, tournée vers le consensus, acceptée par des citoyens qui se la seront appropriée au fil des discussions et des choix réalisés.
[...] A suivre
Du design à la politique, de l'Art à l'architecture, de la philosophie à l'entreprise... Ce blog est un explorateur d'innovation, à la découverte d'idées nouvelles.
18 nov. 2010
1 nov. 2010
Instaurer une démocratie participative à l'échelle nationale
Notice pour le(la) président(e) de la république de demain pour initier des réformes voulues et co-construites par les Français :
1) Ouvrir, au lendemain de l'élection, plusieurs dizaines de chantiers simultanément.
2) Ces chantiers correspondent à de futures réformes qui pourront être instaurées d'ici la fin des 5 années de gouvernance du président et de son équipe ministérielle.
3) Quelles formes prennent ces chantiers ? La mise en projet des réformes à venir n'est pas cantonnée aux bureaux fermés des ministères ou aux dossiers techniques des spécialistes. Ces chantiers sont à penser comme des dispositifs, en partie ouverts, mêlant des outils techniques conçus pour discuter et recueillir l'avis des citoyens (conception d'outils basés sur les Technologies de l'Information et de la Communication) + des outils de participation "présentielle" (réunions publiques, évènements, grenelles, rencontres, forums...) + des outils de restitutions, de communication et de médiatisation (émissions, films, documentaires, TV-réalité, dossiers-presse, ouverture de données publiques pour prise en mains par des geeks proposant des API, services, etc...).
Ces chantiers sont ouverts simultanément et au plus vite, pour avoir le temps d'une mise en débat continue des sujets de la société à réformer (ou pas) > Une réforme sera prévue si et seulement si le besoin de réforme se fait sentir.
Ces chantiers ne seront jamais refermés. Même après une réforme, il resteront des espaces de discussion et d'amélioration continue des réformes prévues, votées, à prévoir ou à réformer = Une préparation de la réforme suivante (prendre en compte le temps du débat).
Ce type de fonctionnement a l'avantage de
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